Top 10 jeux vidéo 2026 à ne pas rater (pour l’instant)

2026 démarre très fort : comment j’ai choisi ces 10 jeux

Dans un début d’année aussi chargé, se retrouver dans les sorties 2026 relève presque du travail à plein temps. Entre les mastodontes multi-plateformes, les exclus Switch 2 qui installent la nouvelle machine de Nintendo et les suites très attendues sur PC, PlayStation et Xbox, il est facile de laisser filer des pépites parce qu’on est encore coincé sur le backlog de 2025. Le but de ce top n’est pas de prédire le jeu de l’année dès mars, mais de dresser un état des lieux honnête : où vaut-il la peine de mettre son temps – et son argent – maintenant, pas dans six mois.

Les critères sont simples, mais exigeants. D’abord, des jeux sortis ou pleinement jouables sur la période janvier-début mars 2026, que j’ai pu tester suffisamment longtemps pour comprendre leurs forces et leurs angles morts. Ensuite, une vraie diversité de propositions : pas dix open worlds AAA qui se marchent dessus, mais un panorama qui couvre survival-horror, stratégie, life sim, roguelike, action-narratif… Enfin, une exigence de design : pas seulement “bon pour un fan”, mais intéressant à replacer dans quarante ans d’histoire du médium.

Cette liste ne prétend pas être définitive – 2026 est encore jeune — mais chaque titre ici a déjà posé un jalon. Certains, comme Resident Evil Requiem, ont confirmé un statut de blockbuster immanquable. D’autres, comme Pokémon Pokopia ou Menace, proposent des bifurcations de design que je n’aurais pas pariées aussi mûres aussi tôt dans l’année. À vous de piocher en fonction de votre plateforme et de votre appétit du moment.

1. Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem – trailer / artwork
Resident Evil Requiem – trailer / artwork

Capcom n’avait plus grand-chose à prouver sur le survival-horror après la série de remakes impeccables, mais Resident Evil Requiem montre qu’ils ne sont pas condamnés à recycler leur propre patrimoine. Multi-plateforme (PC, PS5, Xbox Series, Switch 2 via un port étonnamment solide), le jeu remet la série dans un cadre plus resserré, après les excursions plus spectaculaires de Village. On y suit deux protagonistes dont les campagnes s’entrecroisent façon Resident Evil 2, dans une ville portuaire mise en quarantaine où chaque rue débouche sur un cul-de-sac anxiogène plutôt que sur le grand spectacle hollywoodien. La première heure, enfermée dans un commissariat décrépi où on entend les cliquetis des chaînes dans les couloirs avant de voir le premier monstre, donne clairement le ton.

Ce qui impressionne, ce n’est pas que Capcom maîtrise toujours son RE Engine — éclairages dynamiques, gore chirurgical, 3D audio qui fait oublier le casque —, c’est la façon dont le studio accepte enfin de ralentir. La gestion des ressources est redevenue centrale : la tentation de vider son chargeur sur chaque abomination se paie cash dans la section suivante, où la seule option devient la fuite. Les puzzles environnementaux, sans être aussi obtus que ceux de l’ère PlayStation, demandent plus qu’un coup d’œil distrait sur la mini-carte. Sur PS5, la résistance des gâchettes adaptatives quand on vise avec un gun bricolé renforce cette sensation de tension physique.

Tout n’est pas parfait : le dernier tiers retombe un peu dans la surenchère explosive, comme si Capcom n’osait pas assumer jusqu’au bout son retour au huis clos. Mais avec plus de cinq millions d’exemplaires écoulés dès février, Requiem n’est pas qu’un succès commercial : c’est la preuve qu’en 2026, un AAA peut encore miser sur la lenteur, la vulnérabilité et l’économie de moyens pour tenir le joueur en otage. Si vous ne deviez choisir qu’un gros jeu solo pour tester les limites de votre écran OLED tout neuf, ce serait celui-là.

2. Pokémon Pokopia

On ne va pas se mentir : cela faisait longtemps que la série principale Pokémon donnait l’impression de tourner en rond, malgré quelques audaces structurelles. Pokémon Pokopia, exclusivité Switch 2 co-développée avec une partie de l’équipe de Dragon Quest Builders 2, est la première fois depuis des années que The Pokémon Company accepte vraiment de sortir de sa zone de confort. Ici, pas de Ligue, pas de champion à la chaîne : vous héritez d’une île-refuge pour Pokémon rescapés, à reconstruire littéralement brique par brique. La première vraie claque, c’est de comprendre que les “routes” ne sont plus des couloirs, mais des quartiers entiers de votre Pokopia à façonner.

Le cœur du jeu mélange life sim et construction. On pose des plans de bâtiments comme dans Builders 2, puis on assigne des Pokémon à des tâches : ce Bulbizarre préfère s’occuper du potager, ce Machoc ira logiquement à la carrière, pendant qu’un Rondoudou s’improvise animateur du dortoir. Chaque espèce a des affinités qui se traduisent par des routines visibles, ce qui donne une vraie vie à l’île au-delà des menus de gestion. Les combats au tour par tour existent encore, mais ils sont au service de l’extension du refuge (exploration d’îlots voisins, missions de sauvetage), pas l’inverse. Le cycle jour/nuit, les saisons et les fêtes de village transforment ce qui aurait pu être un spin-off banal en petit théâtre vivant.

Ce qui me surprend le plus, c’est le courage du design : accepter que le “endgame” ne soit pas la domination compétitive, mais une forme de bien-être collectif à organiser. Le jeu n’est pas sans lourdeurs — l’interface de craft a clairement été pensée par des gens qui adorent cocher des listes, pas par ceux qui y jouent après le boulot — mais il impose une nouvelle manière de concevoir un “gros” jeu Pokémon. Si vous avez une Switch 2, c’est le titre qui justifie le mieux la console aujourd’hui, surtout si vous êtes plus “Animal Crossing” que ladder classé.

3. Slay the Spire 2

Slay the Spire 2 – trailer / artwork
Slay the Spire 2 – trailer / artwork

Le premier Slay the Spire a défini quasiment à lui seul un sous-genre, le deckbuilder roguelike, au point que son ADN infuse aujourd’hui des dizaines de jeux indés. Revenir avec une suite, en 2026, c’était risqué : comment innover sans trahir une formule devenue un standard ? La réponse de Mega Crit, disponible sur PC, PS5, Xbox Series et Switch 2, tient dans une philosophie très simple : ne rien casser de ce qui fonctionne, mais multiplier les couches de décision sans alourdir la boucle. On retrouve donc la structure en étages, les combats au tour par tour pilotés par un deck évolutif, mais presque tout autour a gagné en profondeur.

Le premier grand changement visible, ce sont les nouvelles classes et leurs mécaniques signatures, qui forcent à réapprendre à “casser” le jeu. Là où l’Ironclad et la Silent formaient un socle assez lisible, les nouveaux archétypes jouent davantage sur le tempo et le contrôle de pioche, avec des cartes qui restent en jeu plusieurs tours ou qui se transforment en fonction de l’ordre dans lequel elles sont jouées. La méta-progression a aussi été repensée : plus de déblocages purement statistiques, mais des variantes de cartes, des reliques alternatives et même des embranchements de routes spécifiques à certaines approches de build. Le tout reste lisible grâce à une interface retravaillée, bien plus généreuse en infos sans tomber dans l’Excel déguisé.

Là où Slay the Spire 2 mérite sa place dans ce top, c’est dans sa capacité à redonner ce sentiment de découverte qu’on croyait épuisé par des années de clones. Le moindre run peut basculer sur une combinaison de cartes qui n’existait tout simplement pas dans le premier jeu, et la tentation de lancer “une dernière partie” à 2h du matin n’a jamais été aussi forte. Le revers, c’est une courbe d’apprentissage encore plus raide qu’en 2019 : on sent que le studio a pensé d’abord à ceux qui ont déjà des centaines d’heures de vol. Si vous jouez sur PC, la compatibilité modding dès le lancement finit de l’installer comme futur standard du genre.

4. Marathon

Marathon – trailer / artwork
Marathon – trailer / artwork

Voir Bungie revenir à la licence Marathon en mode extraction shooter, c’était probablement l’annonce la plus surprenante de ces dernières années. Lancer le jeu final le 5 mars 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series, dans un marché déjà saturé de prétendants au trône de Escape from Tarkov, relevait presque du défi. Ce qui distingue Marathon, c’est précisément ce que Bungie sait faire mieux que presque tout le monde : transformer des boucles de gunfight en chorégraphies lisibles, compréhensibles, même dans le chaos total. Les descentes sur Tau Ceti IV, avec leurs stations en ruine et leurs cavités organiques, exploitent à fond la verticalité et les lignes de vue pour créer des micro-situations mémorables à chaque run.

La structure du jeu repose sur un hub partagé où l’on prépare sa prochaine incursion, on échange du loot et on assemble son escouade. Chaque descente mélange objectifs publics (récupérer tel artefact, pirater tel relais) et objectifs “persistants” liés à une méta-histoire qui se dévoile à mesure que la communauté déchiffre des fragments de logs et d’IA détraquées. Bungie assume un niveau de punition assez sec : perdre sa cargaison parce qu’on n’a pas réussi à atteindre un point d’extraction à temps, ça pique. Mais cette dureté est contrebalancée par une lisibilité impeccable des affrontements et un arsenal où chaque arme a un rôle clair, du fusil à pompe gravitationnel aux fusils d’éclats qui percent les blindages improvisés.

Marathon n’est pas la proposition la plus accueillante de cette liste, surtout si vous jouez en solo ou en matchmaking aléatoire. L’absence de véritable campagne narrative structurée en décevra certains, et l’économie in-game reste sous surveillance tant que Bungie n’a pas fait ses preuves sur la durée. Mais dans un paysage de shooters souvent interchangeables, c’est l’un des rares projets 2026 qui dégage une identité propre dès les premières heures. Si vous avez un groupe régulier prêt à s’investir, c’est le jeu-service de ce début d’année qui mérite qu’on lui fasse une place.

5. Crimson Desert

Crimson Desert – trailer / artwork
Crimson Desert – trailer / artwork

On connaissait Pearl Abyss pour le sable infiniment grindable de Black Desert Online. Avec Crimson Desert, l’ambition est d’appliquer cette obsession du détail à une aventure solo (et coopérative) plus scénarisée, disponible sur PC, PS5 et Xbox Series. L’univers médiéval-fantastique respire la matière : capes qui se déchirent, armures qui s’alourdissent sous la pluie, villages qui semblent exister même quand vous détournez le regard. Là où beaucoup d’open worlds se contentent d’une check-list d’icônes, Crimson Desert préfère vous surprendre par des événements dynamiques : une caravane attaquée en pleine tempête de sable, un duel entre deux factions qui dégénère si vous décidez d’y mettre votre grain de sel.

Le système de combat, très physique, tranche avec la tendance “action-RPG élastique” popularisée par certains concurrents. Ici, un coup de masse qui connecte se ressent vraiment dans la manette ; rater une esquive parce qu’on a mal géré sa stamina ne pardonne pas. On retrouve un mélange de combos, de projections et de gestion de l’espace qui évoque parfois le meilleur de la tradition coréenne en matière d’action, tout en restant lisible. Les quêtes principales alternent assez bien entre intrigues de cour, drames villageois et expéditions dangereuses dans le désert, même si l’écriture peine parfois à donner de la profondeur à tous les personnages qui défilent.

La grande question qui entourait le jeu avant sa sortie concernait sa monétisation, compte tenu du passé de Pearl Abyss. Pour l’instant, le modèle reste relativement sobre : pas de boosters d’XP intrusifs, un cash shop surtout cosmétique et un battle pass centré sur le endgame coopératif. On reste prudent — l’histoire récente a appris à se méfier des dérives post-lancement —, mais en l’état, Crimson Desert mérite sa place dans ce top pour une raison simple : en 2026, c’est un rare open world qui donne envie d’explorer pour ce qu’on va y vivre, pas pour ce que l’UI nous dit de cocher.

6. Ace Combat 8: Wings of the Veil

Ace Combat 8: Wings of the Veil – trailer / artwork
Ace Combat 8: Wings of the Veil – trailer / artwork

La série Ace Combat a toujours occupé une place à part : trop arcade pour les puristes de la simu, trop exigeante pour le grand public, mais avec une capacité assez unique à transformer des dogfights en grands moments de drama aérien. Ace Combat 8: Wings of the Veil, sur PS5, Xbox Series et PC, ne trahit pas cet héritage. Dès la première mission, à travers des nuages épais striés d’éclairs, on retrouve cette sensation de vitesse et de risque que peu de jeux arrivent à capturer. Le “Voile” du titre, réseau de satellites et de drones qui a redessiné la guerre aérienne dans l’univers du jeu, est plus qu’un prétexte scénaristique : c’est un vrai élément de design, avec des brouillages radar, des zones d’interdiction et des couloirs aériens improvisés en temps réel.

Les missions suivent la tradition de la série : objectifs multiples, retournements de situation à mi-parcours, boss fights aériens façon forteresse volante ou chasseur prototype quasi invincible. La grande réussite de cet épisode, c’est la gestion dynamique de la météo et de la visibilité : entrer dans un cumulonimbus pour semer un missile ennemi est une manœuvre possible, mais qui peut vous coûter le contrôle de l’appareil si vous n’êtes pas prêt à gérer les turbulences. La prise en main reste étonnamment abordable en mode “Newcomer”, avec toutes les assistances activées, tout en offrant un modèle plus pointu pour ceux qui veulent voler sans filet. Côté personnalisation, l’arbre d’améliorations permet de vraiment spécialiser ses appareils entre interception, bombardement de précision ou guerre électronique.

On pourrait reprocher au scénario de verser encore une fois dans le soap militaro-politique, avec voix off mélancolique et monologues sur la nature de la guerre. Mais c’est précisément cette dimension opératique qui fait le charme de la série, et ici elle est assumée jusqu’au bout. Techniquement, le jeu tire bien parti des consoles actuelles avec un 60 fps solide et des ciels qui n’ont plus rien à voir avec ce que proposaient les épisodes PlayStation 2. Si vous cherchez un jeu 2026 qui profite du grand écran sans forcément réclamer 80 heures de votre vie, Wings of the Veil est un excellent candidat.

7. Fire Emblem Fortune’s Weave

Fire Emblem Fortune’s Weave – trailer / artwork
Fire Emblem Fortune’s Weave – trailer / artwork

Depuis l’époque où les RPG tactiques se contentaient de punir le joueur pour chaque erreur sans filet, Fire Emblem a su évoluer sans renier son amour du placement millimétré. Fortune’s Weave, conçu pour tirer parti de la Switch 2 (avec une version réduite mais tout à fait jouable sur la première Switch), pousse cette logique un cran plus loin. Le concept : deux lignes temporelles entremêlées, entre lesquelles on navigue d’une bataille à l’autre, en acceptant que certains choix “tissent” des destins qu’on ne pourra plus défaire. La mécanique de retour en arrière existe toujours, mais elle est ici encadrée par un système de ressources limitées, ce qui redonne du poids à chaque prise de risque.

Sur le terrain, les cartes exploitent mieux la verticalité et les interactions que dans Three Houses. On défend un pont en contrôlant non seulement ses extrémités, mais aussi des passerelles secondaires qui peuvent être détruites pour couper une retraite, au prix de civil·es coincés derrière les lignes. Le nouveau système de “Tissage”, qui lie deux personnages par un destin partagé, a des implications mécaniques très concrètes : bonus de stats énormes s’ils combattent côte à côte, mais possibilité de les perdre tous les deux d’un coup si vous les exposez trop. Entre deux batailles, la dimension sociale reste très présente, mais beaucoup mieux rythmée : moins de remplissage, plus de scènes qui ont un impact direct sur les capacités ou les choix disponibles sur le champ de bataille.

Cet épisode ne cherche clairement pas à être la porte d’entrée la plus accessible de la série ; il parle d’abord à ceux qui ont déjà un historique avec Fire Emblem et qui acceptent d’être bousculés. Certains trouveront la surabondance de dialogues et de personnages un peu étouffante, surtout dans la première moitié. Mais en termes de design tactique pur, Fortune’s Weave est l’un des jeux les plus stimulants de ce début 2026, et une vitrine solide pour la Switch 2 côté stratégie.

8. Atomic Heart 2

Atomic Heart 2 – trailer / artwork
Atomic Heart 2 – trailer / artwork

Le premier Atomic Heart avait divisé : univers soviétique uchronique fascinant, mais écriture inégale et structure open world bancale. Atomic Heart 2, sur PC, PS5 et Xbox Series, donne l’impression que le studio a passé trois ans à écouter — au moins en partie — ces critiques. L’action se déroule cette fois dans un complexe encore plus cloisonné, une sorte de cité-laboratoire où chaque district explore une facette différente de cette URSS alternative : propagande holographique 24/7, agriculture automatisée devenue carnivore, expériences sur la mémoire collective. Résultat : un jeu plus dense, avec moins de kilomètres à parcourir pour trouver dix minutes de bon level design.

Le cœur du plaisir vient toujours de la combinaison entre armes “traditionnelles” et pouvoirs basés sur le polymère, cette substance malléable qui sert de prétexte à presque toutes les bizarreries scientifiques du jeu. Là où le premier épisode avait tendance à empiler des gadgets, la suite structure mieux ses pouvoirs : chaque branche de compétences a un rôle clair, et les synergies sont pensées dès la conception des environnements. Inonder une salle de polymère pour ensuite l’enflammer ou l’électrifier n’est plus un simple gimmick, mais un outil régulier de contrôle du terrain. Les affrontements contre les automates, toujours aussi dérangeants dans leur design rétro-futuriste, profitent de patterns mieux télégraphiés, ce qui met l’accent sur le choix des outils plutôt que sur l’endurance pure.

Tout n’est pas réglé : certains segments flirtent encore avec le remplissage, et le ton oscillant entre satire et sérieux manque parfois de cohérence. Mais en tant que shooter narratif à ambiance forte, Atomic Heart 2 trouve sa place dans un début 2026 plutôt avare en expériences solo vraiment marquantes du côté FPS. Si vous jouez sur PC, la prise en charge large des options graphiques et la compatibilité avec les dernières techno de reconstruction d’image en font en plus un bon benchmark pour votre config.

9. Menace

Menace – trailer / artwork
Menace – trailer / artwork

Dans les années 90, la tactique au tour par tour, c’était surtout des interfaces arides et des champs de bataille grisâtres sur PC. Menace, sorti le 5 février 2026 sur PC (avec des versions consoles prévues plus tard dans l’année), s’inscrit clairement dans l’héritage XCOM, mais avec une conscience beaucoup plus fine de ce que les joueurs modernes attendent en termes de lisibilité et de rythme. On dirige une force expéditionnaire chargée de contenir une menace extraterrestre protéiforme, à travers une campagne semi-procédurale où chaque déploiement pèse sur la situation globale. Le pitch n’a rien de révolutionnaire, mais la manière dont il est exécuté fait la différence.

Chaque mission mélange objectifs principaux et secondaires que vous n’aurez tout simplement pas le temps de tout accomplir. Sauver des civils, récupérer des artefacts, détruire des nids avant qu’ils ne prolifèrent : tout est une question de priorités assumées, avec des conséquences visibles sur la carte stratégique. Le système de couverture et de lignes de vue est d’une clarté exemplaire, avec un code couleur qui évite les mauvaises surprises “je croyais être à l’abri”. Mais surtout, Menace excelle dans la création de petites histoires émergentes : ce soldat vétéran qui survit à une mission impossible mais revient traumatisé, cette recrue qui enchaîne les coups critiques au point de devenir la légende de votre escouade.

Le jeu ne cherche pas à séduire au-delà de son cœur de cible : c’est une expérience exigeante, où l’erreur de placement se paye cher et où la tentation de recharger une sauvegarde sera forte. Mais pour qui accepte cette rigueur, c’est probablement le meilleur jeu de tactique pure de ce début d’année 2026. Et dans un paysage dominé par les gros AAA, voir un titre PC-first aussi affûté trouver son public est une bonne nouvelle pour toute la scène stratégique.

10. The Legend of Heroes: Trails beyond the Horizon

The Legend of Heroes: Trails beyond the Horizon – trailer / artwork
The Legend of Heroes: Trails beyond the Horizon – trailer / artwork

Falcom continue, imperturbable, de dérouler sa grande saga Trails là où d’autres séries JRPG ont perdu le fil depuis longtemps. The Legend of Heroes: Trails beyond the Horizon, disponible sur PC, PS4, PS5, Switch et Switch 2, s’inscrit dans cette logique de feuilleton fleuve : si vous débarquez sans bagage, l’ampleur de l’univers et des références peut intimider. On y suit une nouvelle génération de protagonistes pris entre plusieurs puissances en recomposition, dans un monde où les conséquences des arcs narratifs précédents sont partout. L’écriture ne cherche pas à flatter le joueur pressé : les premières heures prennent le temps d’installer les villes, les factions, les enjeux politiques, comme le faisaient déjà les grands RPG des années 2000.

Sur le plan ludique, Trails beyond the Horizon perfectionne encore un système de combat au tour par tour déjà très abouti. La timeline d’actions, les arts, les crafts et le système de quartz offrent une granularité de personnalisation qui n’a pas grand-chose à envier aux ténors du genre. Les combats de boss, en particulier, exploitent bien les mécaniques de contrôle de position et d’interruption, obligeant à réfléchir plusieurs tours à l’avance plutôt que de simplement optimiser ses dégâts. Les nouveaux joueurs apprécieront la présence de résumés intégrés des épisodes précédents et de options de difficulté assez souples, même si cela ne remplace pas complètement l’expérience de la progression naturelle dans la saga.

Ce n’est pas le JRPG qui fera changer d’avis ceux qui n’aiment pas lire : les dialogues sont abondants, la mise en scène reste modeste comparée à ce que proposent les mastodontes ultra-budgétés. Mais pour qui accepte ce contrat, Trails beyond the Horizon offre une densité de monde et une cohérence interne qu’on ne trouve quasiment plus ailleurs en 2026. Dans un début d’année dominé par les suites spectaculaires, il rappelle qu’un RPG peut encore miser sur la patience et la construction long terme pour captiver.

Et maintenant, quoi jouer ?

Ce top 10 n’a pas vocation à figer le palmarès de 2026 dès le mois de mars. D’autres poids lourds — et, espérons-le, quelques surprises indés — viendront forcément rebattre les cartes d’ici la fin de l’année. Mais à l’instant T, si vous cherchez quoi lancer sur votre PS5, votre Xbox Series, votre PC ou votre Switch 2, ces jeux ont déjà fait leurs preuves : ils ne se contentent pas de remplir un créneau marketing, ils apportent chacun une réponse différente à une question simple que l’on se pose depuis l’Atari jusqu’aux consoles actuelles : pourquoi ce jeu-là, maintenant ?

Que vous soyez d’humeur à serrer les dents dans un couloir mal éclairé de Resident Evil Requiem, à reconstruire patiemment une île dans Pokémon Pokopia ou à théoriser le meilleur build de Slay the Spire 2, il y a déjà de quoi remplir largement votre début 2026. Le reste de l’année dira lesquels de ces titres resteront dans la conversation à long terme, mais une chose est sûre : si le niveau reste aussi haut, on reparlera de 2026 comme d’un bon cru pour les joueurs, toutes plateformes confondues.

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